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Argent détourné retiré en cash

Publié le 06.07.2022

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Neuchâtel » L’ancien collaborateur de la BCN, accusé d’escroquerie, agissait sur le marché des changes.

L’ancien collaborateur de la Banque cantonale de Neuchâtel (BCN), accusé notamment d’escroquerie, retirait lui-même en cash l’argent détourné, pour le reverser à un cercle d’investisseurs, selon le procureur Nicolas Aubert, interrogé hier par Arcinfo. Il se versait ensuite des commissions.

Selon le procureur en charge du dossier, le montant détourné par le principal prévenu se monte à dix millions de francs. Le prévenu prétend, lui, en avoir touché un million. «Les investigations le préciseront», a noté Nicolas Aubert. Les neuf autres millions auraient été répartis entre une dizaine d’investisseurs proches du prévenu, de manière inégale.

Ce montant de dix millions a été calculé sur la base d’une expertise externe demandée par la partie plaignante, soit la BCN. Celle-ci a porté sur des milliers de transactions frauduleuses sur le marché des devises. «A l’aide de l’informatique, il a été possible de mesurer la différence entre les taux de change qui auraient dû être appliqués et ceux que le principal prévenu appliquait réellement», a expliqué Nicolas Aubert.

L’accusé aurait profité du fait qu’il existe une marge de manœuvre entre le moment où un client lui passe un ordre et où celui-ci est exécuté. Si, durant ce laps de temps, le cours d’une monnaie a changé, il est possible de l’adapter pour qu’il corresponde à ce qui a été convenu.

«C’est ce genre de manipulations que le prévenu aurait utilisé au bénéfice de son cercle de clients et donc au détriment de la banque», explique le procureur. Les taux qu’il leur offrait dépassaient les marges minimales admissibles.

Etant habilité à le faire, l’accusé retirait lui-même en cash l’argent gagné par le biais de ces transactions frauduleuses, à coups de milliers, voire de dizaines de milliers de francs. Il donnait ensuite rendez-vous à ses clients, leur remettait cet argent et en retirait une commission.

«C’est ici que l’on parle de blanchiment, parce que le bénéfice de ces opérations disparaît dans la nature. Ce système ne pouvait qu’être ignoré par la banque», souligne Nicolas Aubert, qui affirme que rien ne démontre jusqu’ici que l’établissement était au courant de quoi que ce soit avant l’audit interne mené en 2021. ATS

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