La Liberté

«Les joueurs ont un peu trahi Fischer»

Pour Félicien Du Bois, consultant de la RTS, l’équipe de Suisse n’a pas répondu présent face à l’Allemagne

Jean-frédéric Debétaz

Publié le 27.05.2023

Temps de lecture estimé : 5 minutes

Hockey sur glace » Après un excellent tour de qualification terminé à la première place de sa poule avec six victoires en sept matches, l’équipe de Suisse est tombée en quarts face aux Allemands (3-1) au championnat du monde à Riga. «Les joueurs ont un peu trahi Fischer», confie le consultant de la RTS Félicien Du Bois. Douche froide, camouflet, fiasco, les mots forts ont fusé pour dépeindre ce nouvel échec de la sélection nationale au mondial. Comme en 2021 face à une Allemagne prenable, comme en 2022 face à des Etats-Unis quatrièmes de leur groupe, la troupe de Patrick Fischer a failli dans les grandes largeurs.

«C’est un grand retour sur terre, une immense déception et il reste beaucoup de questions ouvertes, assène Félicien Du Bois. Pourquoi la Suisse n’a pas su performer le jour J alors que tous les signaux étaient au vert? Il y avait cette maturité atteinte et j’en étais assez convaincu. On avait toutes les raisons d’être confiants. Mais ils ne se sont relevés que partiellement du mauvais premier but encaissé.»

L’ancien défenseur de Davos ose le terme d’épisode pour évoquer le rouleau de Robert Mayer. Un but qui a «réveillé de vieux démons». Mais le Neuchâtelois peine à comprendre cette dernière sortie face aux Allemands: «Je n’arrive pas à me l’expliquer. Cela doit être dans la tête. On a vu des sorties de zone précipitées, alors qu’avant c’était du «puck control» à n’en plus pouvoir. On est passé d’une équipe compacte en poule à une équipe avec des gars qui jouent éloignés les uns des autres!» Et malgré le 1-0 allemand, les Suisses ont su relever la tête au début du tiers médian. «En plus, il y a faute de Fiala sur Seider au départ de l’action (sur le 1-1), précise Du Bois. Ensuite ils tuent une pénalité de quatre minutes et bénéficient d’un power-play. Et là, ils ne produisent rien, alors que c’est là qu’ils doivent faire la différence. On avait l’impression que tout pouvait se remettre dans le bon sens pour eux, mais les Allemands ont été performants dans les moments importants.»

Des stars transparentes

Forcément, la question du maintien du coach doit être posée. Félicien Du Bois ne pense pas différemment: «Oui il faut se poser la question parce que c’est lui qui pilote cet avion-là. Il a donné pas mal de temps libre à l’équipe. Ils se sont peu entraînés. A juste titre selon moi, parce que les gars ont eu de longues saisons de 70 ou 80 matches. Donc ce n’est pas un entraînement de plus ou de moins qui va changer quelque chose.» Mais l’ancien défenseur de Kloten et Ambri pointe aussi du doigt les joueurs dans cette débâcle: «Au moment où il faut rendre la pareille au coach, les joueurs ont failli. Sur le banc l’influence de Fischer est mineure, elle est bien plus importante en préparation. Il a donné confiance à son groupe. Il leur a dit: «vous êtes de grands garçons, vous savez que c’est à partir du quart que ça compte, je vous fais confiance, gérez bien votre temps libre», et je n’ai rien contre ça. Mais les joueurs l’ont un peu trahi. Même chose avec le gardien. Je pars avec Mayer au lieu de Genoni, je fais mon petit coup de poker et là aussi c’est comme une petite trahison. Pas volontairement, bien évidemment. Seulement, l’équipe n’a pas répondu.»

Autre sujet délicat, l’importance des stars dans cette sélection. Les joueurs de NHL comme Nico Hischier et Kevin Fiala n’ont pas su faire la différence au moment où leurs capacités techniques au-dessus de la moyenne auraient dû servir la Suisse. «C’est légitime d’en attendre beaucoup, estime Du Bois. Jeudi, ils étaient transparents comme le reste de l’équipe. Et quand tu regardes Peterka, l’une des stars allemandes, il est décisif. Nos stars ne l’ont pas été. Ce sont les faits. On peut discuter d’avoir laissé au repos les cadres contre la Lettonie. Sur le moment je trouvais ça bien, mais comme il n’a pas vraiment trouvé ses deux premières lignes, est-ce qu’un match de plus aurait été bénéfique?»

Le consultant de la RTS parlait de questions ouvertes. Il en a encore une dernière: «Comment les Suisses n’arrivent pas à performer contre cette Allemagne-là?» Et le Neuchâtelois ose une réponse pour conclure: «Je pense que les joueurs eux-mêmes n’ont pas d’explication.» ats


Demi-finales surprenantes

Les affiches des demi-finales du championnat du monde, aujourd’hui à Tampere, constituent une immense surprise. Personne n’aurait parié sur des duels Canada - Lettonie et Etats-Unis - Allemagne. Si la Suisse n’a pas passé l’écueil allemand, la Suède et la Finlande ont elles aussi buté sur l’obstacle proposé en quarts de finale. Voilà pourquoi les deux matches ne passionneront certainement pas les foules en Finlande. Mais aucun des quatre demi-finalistes n’a volé sa place dans le dernier carré. Et à l’heure de désigner des favoris, tout porte à croire que l’affiche la plus probable soit un Canada - Etats-Unis sans grande star de NHL. ats

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