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Sex/Life, entre routine et fantasmes

SexLife raconte l’histoire de Billie, lassée par son quotidien monotone et hantée par ses fantasmes du passé. © Netflix
SexLife raconte l’histoire de Billie, lassée par son quotidien monotone et hantée par ses fantasmes du passé. © Netflix
Sex/Life, entre routine et fantasmes © Netflix
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Sex/Life, entre routine et fantasmes © Netflix
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25.07.2021

Article en ligne – Critique série » Au travers de huit épisodes, Netflix nous entraîne dans la vie de Billie, dont la routine quotidienne de mère et d’épouse la fait suffoquer. Mais la jeune new-yorkaise sera vite rattrapée par ses fantasmes du passé…

Elsa Rohrbasser

C’est grâce à une trend TikTok que je découvre l’existence d’une nouvelle série Netflix sortie en juin 2021 et intitulée Sex/Life. Cette trend ultra populaire consistait à aller voir l’épisode 3, à 19 minutes et 50 secondes, et à filmer sa réaction. Face aux yeux écarquillés, aux éclats de rire et aux mines déconfites que provoquait cette scène, je devais savoir ce qu’il s’y passait. Mais au même titre qu’il m’est impossible de lire les dernières lignes d’un livre pour en connaître la fin sans en avoir lu toutes les pages (mais QUI fait ça ?!), je me suis refusée à passer directement à l’épisode 3, 19 minutes et 50 secondes : je devais tout regarder.

Je débute donc cette série, bien emballée dans mon plaid, puisque ce mois de juillet le permet. J’étais à deux doigts de me faire un chocolat chaud. Bref. Tout d’abord, sachez que la série est l’adaptation du roman autobiographique « 44 chapters about 4 men » de l’auteure B.B Easton. Ensuite, le scénario : toute l’histoire tourne autour une sublime mère de famille qui vit dans une sublime maison en banlieue avec un sublime mari, riche et gentil avec ça. Mais si sa vie semble stéréotypiquement parfaite, la quadragénaire prénommée Billie commence à se lasser de sa routine suffocante. Plus que ça même, elle est tout bonnement obsédée par son passé.

Et quel passé ! Dès le premier épisode, on comprend que Billie vivait la grande vie à New York : en dehors de ses études de psychologie, la jeune femme enchaînait sorties en boîtes de nuit, concerts et surtout, elle enchaînait les hommes. Une vie sulfureuse de femme libre et libérée qui commence sérieusement à lui manquer, tant sa vie de mère et d’épouse se trouve à l’opposé. Mais Billie, qui s’est mise à raconter ses anciennes conquêtes dans un journal intime, commence à concentrer ses souvenirs sur un ex en particulier : Brad. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que leur relation fût très, très, très passionnelle.

Et puis son mari se met à lire son journal, et puis le fameux Brad réapparaît dans sa vie, et puis tout s’enchaîne. Je ne tiens pas à vous spoiler davantage : vous découvrirez les différents rebondissements, qui savent nous tenir en haleine d’un épisode à l’autre, par vous-même.

J’ai adoré cette série. Pourquoi ? Premièrement, la crise existentielle de Billie peut parler à tout le monde. Outre les problématiques liées à la maternité, qui ne nous concernent pas forcément, il y a des difficultés en rapport avec le couple monogame auxquelles chacun d’entre nous peut faire face au cours de sa vie. Ce genre de série nous rappelle que la petite vie parfaite n’existe pas, qu’il peut toujours y avoir une ombre au tableau, des phases de doutes, et ça fait du bien de le savoir. Une relation de couple peut être belle, bienveillante, tout en étant complexe. Deuxièmement, Sex/Life parle ouvertement de sexe. Ça semble évident au vu du titre choisi, mais c’est important de le préciser car dans cette série, il n’y a pas de tabou. On nous vend une série qui parle de sexe, et c’est effectivement ce à quoi on a droit. Pas de pute-à-clic : les scènes de sexe sont sans filtres, mais sans pour autant être vulgaires, et les questions qui en découlent ne sont pas dénuées de sens. Le but n’est pas (uniquement) de montrer des images crues juste pour satisfaire un public un peu voyeur. Néanmoins, notons que la série est déconseillée au moins de 18 ans, et qu’on comprend pourquoi. Finalement, Sex/Life déconstruit quelques acquis sociaux concernant la sexualité, monogame et hétérosexuelle de surcroît : les femmes aiment le sexe et les hommes eux, ne pensent pas qu’à ça. Ça aussi, c’est important de le rappeler ! Alors, malgré le côté romantique que certains peuvent considérer comme un peu bateau, un peu plan-plan, la série Sex/Life parvient à garder les pieds sur terre tout en nous faisant décoller un peu. Un paradoxe, ma foi, très plaisant.

Non sans nous faire tantôt rire, tantôt nous émouvoir et nous toucher, la série de huit épisodes, d’environ 45-50 minutes chacun, se laisse facilement dévorer par ces temps moroses. Alors enjoy !

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