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«Il a suffi d’un geste»

Une brûlure, c’est vite arrivé. Djamila Laban nous parle de la sienne

Il est important de savoir réagir dans ces situations qui peuvent arriver à n’importe qui. © Héloïse Hess
Il est important de savoir réagir dans ces situations qui peuvent arriver à n’importe qui. © Héloïse Hess

Miriam Gfeller

Publié le 20.08.2023

Temps de lecture estimé : 3 minutes

Témoignage » «La table était bancale, il a suffi d’un geste et la théière est tombée», raconte Djamila Laban, Fribourgeoise de 20 ans. En 2016, un dîner lambda avec sa famille se termine très mal. Alors que sa mère vient de chauffer de l’eau pour se préparer un thé, le récipient bascule. Le liquide bouillant se déverse sur les jambes de la jeune fille. «J’ai crié et mon premier réflexe a été d’enlever mon pantalon, la peau était abîmée, ce n’était pas beau à voir», se souvient-elle. Quelques minutes plus tard, elle s’est étonnée de ne pas ressentir de douleur. «Je ne sais toujours pas si c’était le choc ou la profondeur de la brûlure», explique-t-elle. Olivier Pantet, médecin intensiviste et coordinateur de la filière «patients brûlés» au CHUV, confirme que les brûlures suffisamment profondes pour détruire les nerfs peuvent devenir indolores. A tel point que certains patients les minimisent et tardent à consulter. Heureusement, pour Djamila Laban, cela n’a pas été le cas. «Mes parents ont posé un linge humide autour de mes jambes et ils ont appelé l’hôpital. Sans eux je ne sais pas ce que j’aurais fait, il m’était difficile de réfléchir.»

C’est au CHUV que le traitement de sa brûlure commence, un suivi qui durera environ deux ans. Dans cet hôpital, une soixantaine de patients adultes et une centaine d’enfants sont traités annuellement pour des brûlures. Ce sont souvent des jeunes qui sont touchés; la moyenne d’âge des brûlés adultes est de moins de 50 ans. «Les causes fréquentes de ces brûlures sont les accidents de barbecue, les incendies ou les auto ou hétéro-agressions, explique Olivier Pantet. Chez les enfants, il s’agit souvent d’accidents avec des liquides chauds.»

"il a suffi d’un geste et la théière est tombée"
Djamila Laban

Une cicatrice qui reste

La cicatrice de Djamila Laban s’estompe au fil des années, mais sans disparaître. La jeune femme a pu l’accepter: «Je pensais que j’allais complexer, mais non. Je n’ai pas reçu de remarques, ça a aidé.» Toutefois, ce vécu a eu d’autres conséquences. «J’ai arrêté de boire du thé pendant longtemps, avoue-t-elle. Ma famille et moi faisons aussi plus attention en cuisine.» Les risques de séquelles esthétiques, fonctionnelles ou psychologiques sont effectivement très importants après une brûlure, comme le signale Olivier Pantet. Par conséquent, le médecin intensiviste insiste sur la prévention. «Il ne faut jamais rajouter du liquide inflammable sur un feu, ni s’approcher des lignes à haute tension, explique-t-il. Certains jeunes se lancent des défis et oublient que cela peut être fatal.» Il ajoute: «Pour les petites brûlures, il faut appliquer la règle des 15/15/15: refroidir la brûlure dans les 15 minutes, sous de l’eau à 15 degrés et durant 15 minutes. Ce temps devrait être utilisé pour appeler le 144 si nécessaire.» Des conseils d’une importance primordiale, car comme peut en attester Djamila Laban, cela peut arriver à n’importe qui et n’importe quand.

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