La Liberté

Victoire de la gauche en Sardaigne, premier revers pour Meloni

Pour la presse italienne, "la Sardaigne punit" Giorgia Meloni (archives). © KEYSTONE/EPA/SERGEY DOLZHENKO
Pour la presse italienne, "la Sardaigne punit" Giorgia Meloni (archives). © KEYSTONE/EPA/SERGEY DOLZHENKO
Pour la presse italienne, "la Sardaigne punit" Giorgia Meloni (archives). © KEYSTONE/EPA/SERGEY DOLZHENKO
Pour la presse italienne, "la Sardaigne punit" Giorgia Meloni (archives). © KEYSTONE/EPA/SERGEY DOLZHENKO


Publié le 27.02.2024


La majorité de la Première ministre italienne Giorgia Meloni a essuyé mardi son premier revers dans les urnes depuis son arrivée au pouvoir. Elle a concédé une courte défaite à l'opposition de centre-gauche lors des élections régionales en Sardaigne.

La députée du Mouvement 5 étoiles (M5S) Alessandra Todde, alliée au Parti démocrate (PD, centre-gauche), a battu le maire de Cagliari Paolo Truzzu, membre du parti d'extrême droite Fratelli d'Italia (FDI), qui représentait la coalition gouvernementale de Mme Meloni, selon les résultats publiés mardi.

Bien qu'arrachée sur le fil - 45,4% des voix contre 45% pour M. Truzzu - la victoire d'Alessandra Todde constitue la première défaite électorale de Mme Meloni depuis sa prise de fonction en octobre 2022.

"La droite peut être battue"

Ce vote a également marqué une étape importante pour l'opposition, divisée jusqu'ici mais qui s'est rassemblée pour présenter une candidate commune. "Aujourd'hui, nous avons montré que la droite pouvait être battue", s'est réjouie Elly Schlein, dirigeante du PD.

"Les citoyens sardes ont fermé la porte à Meloni et ses alliés et l'ont ouverte à l'alternance", a renchéri l'ancien Premier ministre Giuseppe Conte, chef du M5S.

Les experts invitent cependant à ne pas surestimer un vote régional fortement influencé par des facteurs locaux, qu'il s'agisse du système de santé défaillant ou d'une enquête de corruption contre le président sortant de droite.

Au niveau national, le parti de Mme Meloni est en tête des sondages depuis son élection. Selon la dernière moyenne pondérée des sondages réalisée par YouTrend, FDI est à 28% des intentions de vote, loin devant le PD, à 19,6%, et le M5S à 16,2%. "Les défaites sont toujours une déception, mais aussi une opportunité pour réfléchir et s'améliorer. Nous en tirerons également des leçons", a tweeté Mme Meloni mardi.

"Pas invincible"

"Chaque élection régionale est régionale, il ne faut pas trop extrapoler", a déclaré à l'AFP Daniele Albertazzi, professeur de politique et expert en populisme à l'université britannique du Surrey. Il est cependant d'avis que le vote a démontré une chose: "soit le Parti démocrate et Cinq Etoiles trouvent un moyen de gagner ensemble, soit il est très, très improbable que l'un ou l'autre puisse l'emporter".

M. Truzzu a pour sa part pris la responsabilité de la défaite. "La vérité, c'est que Mme Meloni n'est pas responsable. Ce n'étaient pas des élections nationales", a-t-il tempéré devant la presse.

Mme Todde, qui devient la première femme présidente de cette île du sud de l'Italie, a servi comme sous-secrétaire d'Etat à l'Economie dans le gouvernement de M. Conte puis dans celui de Mario Draghi comme ministre adjointe.

Son élection pour un mandat de cinq ans intervient à près de trois mois des élections européennes, qui feront office de nouveau test pour Mme Meloni et les partis de sa coalition, la Ligue anti-migrants de Matteo Salvini et Forza Italia (droite).

"Dans l'ensemble, Mme Meloni a commis peu d'erreurs jusqu'à présent, mais M. Salvini s'en servira pour dire qu'elle n'est pas invincible", prédit M. Albertazzi.

Plus de poids pour les alliés de Meloni

Selon l'expert, la Première ministre est toujours en bonne voie pour obtenir de bons résultats aux élections européennes début juin, mais ce revers pourrait permettre à ses alliés de s'affirmer, en particulier dans le choix des candidats pour les élections régionales, dont la prochaine se tiendra le 10 mars dans les Abruzzes.

M. Albertazzi ne prévoit pas de crise avec les alliés de Mme Meloni car "ils n'ont pas d'autre choix" que de rester, mais ils peuvent espérer peser davantage après cette défaite.

La Sardaigne, qui compte 1,8 million d'habitants, est l'une des cinq régions italiennes qui bénéficient d'un "statut spécial" lui garantissant une forte autonomie au niveau législatif, financier et administratif.

ats, afp

Articles les plus lus
Dans la même rubrique
La Liberté - Bd de Pérolles 42 / 1700 Fribourg
Tél: +41 26 426 44 11