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ARN messager: CureVac porte plainte contre son rival BioNTech

Le vaccin initial développé par Pfizer et BioNTech avait été le premier autorisé dans les pays occidentaux, en décembre 2020 (archives). © KEYSTONE/AP/LM OTERO
Le vaccin initial développé par Pfizer et BioNTech avait été le premier autorisé dans les pays occidentaux, en décembre 2020 (archives). © KEYSTONE/AP/LM OTERO


Publié le 05.07.2022
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Le laboratoire biotechnologique allemand CureVac a porté plainte contre son rival BioNTech, concepteur avec Pfizer d'un des principaux vaccins anti-Covid. Il invoque une atteinte à la propriété intellectuelle au sujet de la technologie novatrice de l'ARN messager.

"Le travail de BioNTech est original et nous le défendrons vigoureusement contre toute allégation de violation de brevet", a réagi BioNTech dans un communiqué.

CureVac dit avoir déposé plainte auprès du tribunal régional de Düsseldorf "contre BioNTech SE et deux de ses filiales, demandant une indemnisation équitable pour la violation d'un certain nombre de ses droits de propriété intellectuelle", selon un communiqué de l'entreprise.

La start-up de biotechnologie, reconnue pour ses recherches de médicaments basés sur l'acide ribonucléique messager (ARNm), veut "faire valoir ses droits de propriété intellectuelle issus de plus de deux décennies de travail de pionnier dans la technologie ARNm, qui ont contribué au développement des vaccins anti-Covid", poursuit l'entreprise.

Ne pas entraver la production

En pleine nouvelle vague d'infections dans de nombreux pays européens, CureVac assure "ne pas chercher à obtenir d'injonction et n'a pas l'intention d'entreprendre des actions en justice qui pourraient entraver la production, la vente ou la distribution" de vaccins par BioNTech et son partenaire américain.

Mais l'entreprise estime que ses "22 années" de travail sur la technologie de l'ARN, qui ont permis "le développement rapide" de vaccins contre le nouveau coronavirus, méritent une "rémunération équitable", que le laboratoire ne chiffre pas.

Cette rémunération permettrait de "pouvoir investir dans le développement de la technologie ARN et de nouvelles classes de médicaments pouvant sauver des vies", assure CureVac.

BioNTech dément

BioNTech "apprécie et respecte les droits de propriété intellectuelle valides", a réagi le laboratoire.

Démentant toute violation de la propriété intellectuelle, BioNTech s'est dit "conscient qu'il n'était pas rare que d'autres sociétés de l'industrie pharmaceutique, ayant été témoins du succès de Comirnaty (le vaccin anti-Covid), suggèrent maintenant que le vaccin viole éventuellement leurs droits de propriété intellectuelle", fait valoir BioNTech.

En 2020, BioNTech a été "en mesure de créer rapidement et avec succès le premier vaccin COVID-19 approuvé au monde, ce qui a constitué un accomplissement remarquable de nos cofondateurs et de leurs équipes", rappelle le laboratoire basé à Mayence.

Ce vaccin a permis, selon BioNTech, de vacciner plus d'un milliard de personnes dans le monde, d'éviter "des millions de cas graves", faisant de ce vaccin "l'un des lancements de médicaments les plus réussis de l'histoire de la médecine".

Le vaccin initial développé par Pfizer et BioNTech avait été le premier autorisé dans les pays occidentaux, en décembre 2020 et a généré des milliards d'euros de revenus pour les deux entreprises.

CureVac, fondé en 2000 par le chercheur Ingmar Hoerr, un pionnier dans la recherche sur l'ARN messager, avait été parmi les premiers à se lancer dans la course au vaccin.

Mais le rival de BioNTech avait dû annoncer en octobre 2021 l'abandon du développement de son candidat-vaccin contre le Covid-19, initialement porteur d'espoir, mais dont l'efficacité s'est révélée décevante.

L'entreprise avait alors indiqué "se focaliser sur le développement d'un vaccin de deuxième génération contre le Covid-19" sur lequel il travaille avec le Britannique GSK.

ats, afp

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